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Ce que vous devez absolument savoir sur la culture du manioc avant de le cultiver

Beaucoup de producteurs cultivent le manioc sans savoir les opérations à faire avant sa culture. Alors que pour assurer la rentabilité de sa production, il faut nécessairement que le producteur agricole maitrise différentes étapes. Et c’est ce que nous verrons dans cet article.

  1. La provenance des boutures.

Les boutures de manioc sont normalement produites par l’exploitation elle-même, elles sont prélevées peu de temps avant la plantation sur les tiges des maniocs en cours ou en instance de récolte.

Un plan de manioc permet en général de faire 10 boutures de bonne qualité. Un hectare en récolte permet donc de planter environ 10 hectares.

Une exploitation dont les récoltes sont étalées sur toute l’année et les bouturages concentrés sur deux mois, qui peut être considérée comme un cas extrême, dispose de boutures en quantité suffisante (un ha récolté pour six à planter).

Dans certains cas cependant, les champs récoltés ne suffisent pas à fournir les boutures nécessaires. C’est le cas lorsqu’on doit exercer un choix sévère des seuls plants qui pourront fournir des boutures. Un tel choix peut être commandé par le souci de ne prélever les boutures que sur les plants exemptes de symptômes de mosaïques ou de bactériose ou encore de ne retenir qu’une seule variété lorsque plusieurs étaient mélangées.

Il arrive en effet lorsqu’on crée une exploitation relativement grande, qu’on ne dispose pas d’une quantité suffisante de boutures de la meilleure variété ou qu’on ne sache pas encore quelle est la meilleure variété. En ce moment, on est obligé d’utiliser les boutures des paysans voisins.

On peut étendre les possibilités de choix en faisant appel à des boutures issues de parcelles plus anciennement récoltées ou au contraire non encore récoltées. On peut en effet conserver des bois de bouturage pendant environ 03 mois, à condition de le faire avec des tiges entières réunies en fagots placés à l’ombre dans un endroit frais et modérément aéré. Exceptionnellement, la durée de conservation peut atteindre 05 mois.

On peut aussi prélever des bois de bouturages sur des parcelles devant être récoltées deux mois plus tard sans nuire de façon sensible à leur production. 

Les boutures ne proviennent pas des champs de culture.

C’est exceptionnellement qu’une exploitation est amené à cultiver des parcelles spécialement destinées à la production de boutures. Elle peut le faire pour multiplier une nouvelle variété un peu plus vite qu’elle ne le serait dans les champs de cultures.

Les mesures qu’on peut prendre sont les suivantes :

  • Préparer la terre plus finement que pour une culture ordinaire ;
  • Utiliser les boutures courtes (15 cm au lieu de 25 à 30 cm) ;
  • Pour augmenter le nombre de boutures, planter à densité élevée (0,75×0,75m ou 0,80×0,80m) ;
  • Récolter à 06 ou 07 mois.

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  1. Le choix des boutures.

Les bois trop minces, non lignifiés, du sommet des tiges et ceux de l’extrémité basale, lorsque les plantes sont très âgées, doivent être écartés. 

Les boutures de grandes dimensions ont une meilleure reprise que les petites, elles donnent en outre des plantes plus vigoureuses au départ et souvent à rendement plus élevé, mais il y a une dimension économique qui est de l’ordre de 20 à 30 cm.

Les meilleures boutures de manioc sont constituées par des parties de tiges dont le diamètre est égal ou supérieur à deux fois le diamètre de leur moelle, elles doivent porter au moins 05 bourgeons et être prélevées sur des plantes sans symptômes de mosaïques ou de bactériose.

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Etape 3 : la préparation des boutures.

Les boutures sont plus souvent préparées entièrement à la main. 

Au champ, dans les zones indemnes de mosaïque et de bactériose, on prélève les tiges bien formées dont on supprime les ramifications inutiles. Ces tiges sont transportées dans l’abri où elles seront conservées ou directement sur le lieu de plantation. Les boutures proprement dites ne sont coupées que peu de temps avant la plantation. 

Cette opération est parfois mécanisée à l’aide d’appareils qui peuvent être à scie circulaire ou à lame. Il faut que le coupe-bouture exécute une coupe franche, sans écrasement.

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Etape 4 : La distance de plantation

Les distances optimales de plantation se situent entre 0,80x1m et 1x1m. On choisira les plantations denses pour les parcelles à récolte précoce (12 mois ou moins) et les plantations de 1x1m pour les parcelles à récolte plus tardive (plus de 12 mois).

Il est possible d’obtenir les mêmes densités de plantation, soit de 10000 à 12500 pieds à l’hectare avec des lignes jumelées, espacées alternativement de 0,80×1,20m.

Etape 5 : Nombre de boutures / emplacement

Il ne faut placer qu’une seule bouture par emplacement. L’utilisation de plusieurs boutures par emplacement a de nombreux inconvénients :

  • Elle augmente les chances d’avoir plusieurs tiges : ce qui n’est pas favorable au bon fonctionnement de la plante ;
  • Elle nécessite la disposition d’un beaucoup plus grand nombre de boutures et limite en conséquence la possibilité de choisir les meilleures ;
  • Elle multiplie le risque d’avoir une bouture infectée de mosaïque ou de bactériose à chaque emplacement.

Etape 6 : Disposition des boutures

Les boutures peuvent être placés :

  • A plat, enterrés sous 8 à 10 cm de terre ;
  • Verticalement ou inclinées et enterrées sur les 4/5 de leur longueur.

Il n’y a pas de grandes différences entre ces modes de plantation. Les boutures à plat donnent des tubercules plus petits, plus nombreux et moins groupés que les boutures dressées.

Les boutures complètement enterrées sont moins sujettes à la dessication, s’il y a un risque de sécheresse à la plantation. Les boutures non complètement enterrées permettent un contrôle du travail lorsqu’on emploi de la main d’œuvre salarié.

Bien évidemment, vous pouvez planter les boutures à la main ou mécaniquement avec des machines.

Etape 7 : Reprise et levée

La levée intervient 06 à 10 jours après la plantation. Si les boutures ont été convenablement choisies, le taux de reprise est en général supérieur à 90%. Dans ces conditions, il est inutile de remplacer les plants manquants.

D’une manière générale, le remplacement des manquants uniformément répartis dans une plantation est rarement une opération rentable. Le manioc a une grande faculté de compensation et les plants issues de boutures remplacées qui ont du retard par rapport aux plantes voisines ne parviennent pas à se développer et à produire normalement.

N.B : les bonnes boutures ont 25cm de long, une épaisseur d’environ deux fois celle de la moelle et sont prélevées sur des plantes saines.

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Etape 8 : Entretien des cultures

Pendant les trois ou quatre premiers mois de la culture, le manioc ne couvre pas le sol, les mauvaises herbes tendent à se développer rapidement. Au tout début de la culture, si elles recouvrent les jeunes boutures, même temporairement, il s’ensuivra une forte diminution de rendement. Les mauvaises herbes exercent dans ces conditions une concurrence non seulement pour l’eau mais aussi pour la lumière. Si elles ne recouvrent pas les plantes mais seulement le sol ou une partie de celui-ci, la concurrence ne s’exerce que vis-à-vis de l’eau. Les conséquences sur les rendements seront sans doute moins graves que dans le cas précédent, mais elles seront d’autant plus importantes que les pluies sont plus rares.

Les façons d’entretien au cours de cette période doivent être telles que le sol soit maintenu aussi propre que possible. Elles doivent être réalisées au début de la croissance de l’herbe et non lorsque celle-ci est installée.

C’est immédiatement après la plantation qu’une première intervention est nécessaire. Ensuite, deux ou trois autres interventions seront effectuées avant le 4ème mois.

En général, à partir du 4ème mois, le couvert du manioc est suffisamment fermé pour qu’aucune végétation ne se développe.

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